Comment s’habiller classique chez les étudiants

Les origines du mal

Vous êtes beaucoup, lycéens, étudiants et certains jeunes travailleurs, à vous intéresser au style sartorial mais, n’évoluant pas dans des milieux soumis à des codes vestimentaires classiques (port de la chemise ou du costume), à ne pas du tout voir comment vous lancer.

D’où vient le problème ?

Premièrement la mode s’est complètement décodifiée depuis les années 50 et le vêtement classique a été réduit à un rôle d’uniforme de travail ou des « grandes occasions ». C’est ce qui fait que la notion de « formalité » a aujourd’hui complètement perdu son sens : c’est moins le caractère formel d’une tenue que son côté non-usuel qui va choquer le plouc de base, la pièce classique en elle-même dérange.

Alors qu’elle est classiquement plus casual, la tenue dépareillée passe pour plus formelle que le costume. Dans un milieu non formel, donc non soumis aux codes vestimentaires classiques (banque, entreprise, etc), la notion de casual s’entend en fait comme ce qui est « commun » (c’est-à-dire les sneakers, jeans, t-shirts et autres) en opposition à ce qui est « inhabituel » (le dépareillé classique). Source : @limchanghoon_
Alors qu’elle est classiquement plus casual, la tenue dépareillée passe pour plus formelle que le costume. Dans un milieu non formel, donc non soumis aux codes vestimentaires classiques (banque, entreprise, etc), la notion de casual s’entend en fait comme ce qui est « commun » (c’est-à-dire les sneakers, jeans, t-shirts et autres) en opposition à ce qui est « inhabituel » (le dépareillé classique). Source : @limchanghoon_

Deuxièmement il faut avouer que la mode du preppy, sous l’égide des Tommy Hilfiger et autres Ralph Lo’, a fait mauvaise presse au vêtement classique en devenant l’apanage de toutes les baltringues de la jet set internationale.

Ce que vous vous dites en voyant ce genre de tenues : « gosses de riches », « fils à papa », etc. Alors imaginez comme l’amalgame est vite fait chez ceux qui ne porteront une chemise qu’à l’occasion du troisième mariage de leur tante.
Ce que vous vous dites en voyant ce genre de tenues : « gosses de riches », « fils à papa », etc. Alors imaginez comme l’amalgame est vite fait chez ceux qui ne porteront une chemise qu’à l’occasion du troisième mariage de leur tante.

Si vous n’évoluez pas dans un milieu qui impose au minimum le port de la chemise mais que vous vous intéressez au style sartorial après avoir vu quelques bonnes photos du Pitti ou autre, oubliez directement les tenues casual purement classiques :
- vous allez passer pour un marginal prétentieux et subir des moqueries en plus de suer de malaise ;
- vous allez perdre du temps et de l’argent pour des pièces achetées de manière impulsive sans avoir développé de goût assez pointu au préalable (on regrette presque toujours ses premiers gros achats).

Ce genre de tenue (dépareillé veste/pantalon) déclenche déjà des remarques et moqueries dans les milieux où l'on porte le costume alors ne pensez même pas vous ramener comme ça à un cours de socio ou que sais-je.
Ce genre de tenue (dépareillé veste/pantalon) déclenche déjà des remarques et moqueries dans les milieux où l'on porte le costume alors ne pensez même pas vous ramener comme ça à un cours de socio ou que sais-je.

L’approche à avoir et les limites de la remise en question

Comment s’y prendre alors ? Il va falloir faire une transition progressive en adoptant des pièces classiques casual sûres (c’est-à-dire rentables et faciles à porter) tout en conservant des éléments d’autres vestiaires dans lequel on baigne tous quotidiennement. L’idée est donc de viser un style « casual » au sens plouc, passe-partout, et évoluer progressivement vers de plus en plus de classique selon votre niveau de confort et votre envie.

Source: Croquis Sartoriaux
Source: Croquis Sartoriaux

On est toujours en quelque-sorte le plouc de quelqu’un. Même le type le plus neutre en survet’ Kipsta se fera traiter de clochard par certains. Allez à votre rythme mais ne soyez pas non plus excessivement prudents, beaucoup de gens ont aussi des opinions positives sur les vêtements classiques grâce notamment aux références culturelles récentes.

Dans la suite de l’article je vais vous présenter une succession d’idées et de principes importants à garder en tête si vous êtes concerné.

La tenue de gauche avec la veste type Harrington, le pantalon highwater, la chemise ouverte et l'absence de chaussettes est typiquement le genre de tenue casual 100% classique façon Ivy League à laquelle vous pouvez prétendre en tant qu'étudiant ou autre. Celle de droite même si elle est aussi dans un registre sartorial casual (veste marron, chino à pinces, mocassins) est par contre importable dans notre cas.
La tenue de gauche avec la veste type Harrington, le pantalon highwater, la chemise ouverte et l'absence de chaussettes est typiquement le genre de tenue casual 100% classique façon Ivy League à laquelle vous pouvez prétendre en tant qu'étudiant ou autre. Celle de droite même si elle est aussi dans un registre sartorial casual (veste marron, chino à pinces, mocassins) est par contre importable dans notre cas.

1) Eviter la veste sport classique

Même si en tant que débutants vous bavez souvent sur la veste sport -ou le blazère comme l’appellent les ploucs- , elle est un faux-ami dans les milieux non-formels pour deux raisons :
1) une veste est en général trop chaude pour l’été et trop froide pour l’hiver, son port est plus dicté par une convention sociale que par une réelle utilité ;
2) cette dimension sociale fait qu’elle est associée à une forme de statut et sera mal vue là où il n’est pas usuel d’en porter.

La veste en laine marine est l’un des pires choix si on veut se fondre dans un milieu informel. Source : @mrgrono
La veste en laine marine est l’un des pires choix si on veut se fondre dans un milieu informel. Source : @mrgrono

Le bon plan pour quand même profiter d’un haut très classique est d’opter pour un manteau long qui n’a pas la même portée sociale et se justifie pleinement en hiver. On le porte dans ce cas directement au-dessus de la première couche de vêtement (chemise, maille) comme s’il s’agissait d’une veste.

Le manteau peut remplacer la veste pour un port très casual. Vous pouvez opter pour un modèle bien ajusté étant donné qu’il est dans ce cas porté directement sur la première couche. Source : Danilo Carnevale
Le manteau peut remplacer la veste pour un port très casual. Vous pouvez opter pour un modèle bien ajusté étant donné qu’il est dans ce cas porté directement sur la première couche. Source : Danilo Carnevale
Le pardessus long s’est largement démocratisé aujourd’hui et il n’est pas rare d’en trouver dans des styles streetwear/sportswear. Source : Les Frères Joachim
Le pardessus long s’est largement démocratisé aujourd’hui et il n’est pas rare d’en trouver dans des styles streetwear/sportswear. Source : Les Frères Joachim

Si vous voulez vraiment porter une veste une solution est de la choisir dans une matière brute et épaisse, comme par exemple un tweed. On évite dans ce cas le côté « trop soigné » d’une laine lisse.
Un tissu non-lisse passe également beaucoup mieux avec un jeans, ce qui permet d’intégrer la veste dans des tenues très casual.

Voilà un bon exemple de la manière dont une veste en tweed peut s’intégrer à une base très casual (col roulé/jeans/ceinture tressée). On peut même se permettre le luxe d’ajouter une pochette.
Voilà un bon exemple de la manière dont une veste en tweed peut s’intégrer à une base très casual (col roulé/jeans/ceinture tressée). On peut même se permettre le luxe d’ajouter une pochette.

2) Remplacer la veste par une veste casual

Pour éviter l’aspect formel de la veste sport classique on peut simplement la remplacer par une veste casual.
La quasi-totalité des vestes à la mode aujourd’hui sont des inspirations ou dérivés directs de modèles classiques, très facile donc d’en porter. Retenez aussi que l’achat d’une veste casual même au prix plein est presque toujours un bon investissement : vous leur trouverez encore une utilité dans dix ans, ne fusse que pour aller à La Foir’Fouille ou au Bois de Boulogne, et contrairement aux vestes sport il ne s’agit pas de vêtements de « détail » qui vous dégouteront rapidement.

Petit panorama des modèles les plus courants (pour plus d’idées consultez nos autres articles) :

Les vestes courtes ou blousons

Il s’agit de ce qu’on appelle aujourd’hui les « bombers » et leurs dérivés. Elles ne doivent pas recouvrir les fesses.

Les modèles les moins chers sont les bombers en nylon. On en trouve à foison dans toutes les enseignes. Source : James Jonathan
Les modèles les moins chers sont les bombers en nylon. On en trouve à foison dans toutes les enseignes. Source : James Jonathan
Les modèles suédés sont plus chers mais il y a moyen d’en trouver en tissu synthétique. Ils sont plus « habillés » que les modèles en nylon. Si vous le pouvez, procurez-vous une pièce à double-tirette comme sur la photo (assez rare mais trouvable dans le bas-de-gamme), elle permet à la veste de ne pas boudiner dans le bas et d’être plus confortable en position assise. Source : @limchanghoon
Les modèles suédés sont plus chers mais il y a moyen d’en trouver en tissu synthétique. Ils sont plus « habillés » que les modèles en nylon. Si vous le pouvez, procurez-vous une pièce à double-tirette comme sur la photo (assez rare mais trouvable dans le bas-de-gamme), elle permet à la veste de ne pas boudiner dans le bas et d’être plus confortable en position assise. Source : @limchanghoon
L’un des modèles les plus connus est la G-9, appelé communément « Harrington », un bomber à épaule raglan au col bien distinctif popularisé par la marque Baracuta. Ici son adaptation par les coréens de chez Spalla. Source : Spalla Korea
L’un des modèles les plus connus est la G-9, appelé communément « Harrington », un bomber à épaule raglan au col bien distinctif popularisé par la marque Baracuta. Ici son adaptation par les coréens de chez Spalla. Source : Spalla Korea
Pour un bomber au style classique plus assumé vous pouvez opter pour l’emblématique varsity jacket, ou blouson teddy. Source : Alessandro Squarzi
Pour un bomber au style classique plus assumé vous pouvez opter pour l’emblématique varsity jacket, ou blouson teddy. Source : Alessandro Squarzi
Très facile à se procurer aussi, à la mode et bon marché : la trucker jacket ou veste en jeans. Source : @wwc.willy
Très facile à se procurer aussi, à la mode et bon marché : la trucker jacket ou veste en jeans. Source : @wwc.willy
Si vous êtes prêts à investir un peu plus vous pouvez vous procurer un bombardier en cuir (généralement à col en fourrure amovible). Pas de compromis ici : vous allez devoir mettre le prix plein car un cuir bas-de-gamme est juste dégueulasse. A de rares occasions et avec un peu de persévérance il y a moyen de trouver une perle en friperie. Source : Steve Calder
Si vous êtes prêts à investir un peu plus vous pouvez vous procurer un bombardier en cuir (généralement à col en fourrure amovible). Pas de compromis ici : vous allez devoir mettre le prix plein car un cuir bas-de-gamme est juste dégueulasse. A de rares occasions et avec un peu de persévérance il y a moyen de trouver une perle en friperie. Source : Steve Calder
Toujours dans les cuirs lisses, la shearling est une veste en mouton retourné assez impressionnante. Source : Milad Abedi
Toujours dans les cuirs lisses, la shearling est une veste en mouton retourné assez impressionnante. Source : Milad Abedi
Enfin pour ceux qui ont beaucoup de moyens, le blouson type Valstar qui est un modèle à boutons en cuir suédé. Source : The Rake.
Enfin pour ceux qui ont beaucoup de moyens, le blouson type Valstar qui est un modèle à boutons en cuir suédé. Source : The Rake.
Il est très difficile de trouver des modèles bas-de-gamme. Notez ici le port d’un col rond pour casualiser la tenue. Source : Simone Bredariol
Il est très difficile de trouver des modèles bas-de-gamme. Notez ici le port d’un col rond pour casualiser la tenue. Source : Simone Bredariol
Pensez aussi à la doudoune sans manche. Soit en couche apparente, par dessus une veste par exemple - ce qui au passage peut faciliter son port (car la pièce la plus apparente a un fort impact sur la formalité d'une tenue) - ou bien sous un manteau pour apporter un regain de chaleur. Source : Drake's.
Pensez aussi à la doudoune sans manche. Soit en couche apparente, par dessus une veste par exemple - ce qui au passage peut faciliter son port (car la pièce la plus apparente a un fort impact sur la formalité d'une tenue) - ou bien sous un manteau pour apporter un regain de chaleur. Source : Drake's.

Les vestes longues

Il s’agit de tous les autres types de veste casual qui ont la même longueur que celle d’une veste sport classique (sous les fesses). Vu la tendance actuelle qui est de faire tomber les vestes à mi-fesse vous serez peut-être cependant amené à faire un sacrifice sur la longueur si l’ensemble est correct et bon marché.

Les vestes militaires dérivées de la célèbre M-65 sont facilement trouvables et font l’affaire aussi bien l’été que la mi-saison. Source : @mqlee_
Les vestes militaires dérivées de la célèbre M-65 sont facilement trouvables et font l’affaire aussi bien l’été que la mi-saison. Source : @mqlee_
Ces modèles sont très appréciés en Italie, notamment le combo avec pantalon blanc. Source : Alessandro Squarzi
Ces modèles sont très appréciés en Italie, notamment le combo avec pantalon blanc. Source : Alessandro Squarzi
Dans un budget supérieur viennent les sahariennes et vestes safari. Source : Craftsman Clothing
<a href="https://https://www.sartorialisme.com/saharienne-sartorial/">
A ce propos, voici un article plus complet traitant de la Saharienne. </a>
Dans un budget supérieur viennent les sahariennes et vestes safari. Source : Craftsman Clothing A ce propos, voici un article plus complet traitant de la Saharienne.
Les modèles ceinturés sont plus casual. Source : Steve Calder
Les modèles ceinturés sont plus casual. Source : Steve Calder
Si vous voulez une bonne veste de pluie procurez-vous un ciré comme l’emblématique Bedale de Barbour. Source : @limchanghoon 
<a href="https://www.sartorialisme.com/husky-barbour-sartorial/">
Apprenez-en plus sur notre article dédié aux vestes Barbour</a>
Si vous voulez une bonne veste de pluie procurez-vous un ciré comme l’emblématique Bedale de Barbour. Source : @limchanghoon Apprenez-en plus sur notre article dédié aux vestes Barbour
Les modèles ceinturés de chez Barbour International sont également très bons. Source : David Park
Les modèles ceinturés de chez Barbour International sont également très bons. Source : David Park
Sinon les vestes matelassées sont une alternative peu coûteuse contre la pluie. Astuce : vous pouvez la porter sans dénoter avec un costume pour vos entretiens d’embauche. Source : Jake Grantham
<a href="https://www.sartorialisme.com/husky-barbour-sartorial/">
On en dit plus sur les vestes matelassées ici</a>
Sinon les vestes matelassées sont une alternative peu coûteuse contre la pluie. Astuce : vous pouvez la porter sans dénoter avec un costume pour vos entretiens d’embauche. Source : Jake Grantham On en dit plus sur les vestes matelassées ici
Si c’est votre délire, vous pouvez opter pour la parka en hiver, mais je trouve ça ridicule quand on vit dans un pays où les températures descendent rarement sous zéro. Source : Bleu de Paname
Si c’est votre délire, vous pouvez opter pour la parka en hiver, mais je trouve ça ridicule quand on vit dans un pays où les températures descendent rarement sous zéro. Source : Bleu de Paname

3) Remplacer la veste par une chemise

La chemise classique peut être selon moi un faux-ami à cause du syndrome mariage-preppy. Il faut faire attention à la manière de la porter en évitant par exemple un trop simple combo chemise/chino qui rapprochera trop du preppy.

La chemise classique est devenue pour beaucoup le « t-shirt des grandes occasions ».
La chemise classique est devenue pour beaucoup le « t-shirt des grandes occasions ».

Une manière assez sûre par contre de porter la chemise et qu’on voit beaucoup revenir en ce moment est de s’en servir comme couche extérieure au-dessus d’un t-shirt. On s’en sert alors pour jouer le rôle d’une veste, qui est normalement un vêtement plus abouti et onéreux, ce qui permet de donner un côté nonchalant et de créer du layering à peu de frais.

On peut tout à fait opérer un « décalage formel » : le t-shirt prend le rôle de la chemise et la chemise celui de la veste. 
<a href="https://www.sartorialisme.com/tshirt-style-sartorial/">
On a déjà mentionné cette technique sur l'article dédié au t-shirt</a>
On peut tout à fait opérer un « décalage formel » : le t-shirt prend le rôle de la chemise et la chemise celui de la veste. On a déjà mentionné cette technique sur l'article dédié au t-shirt

Etant donné que la chemise remplace la veste elle doit dans ce cas être de la même longueur, donc tomber plus ou moins au niveau de la paume de la main de sorte à diviser la silhouette en deux. La chemise peut être ouverte ou boutonnée de quelque-manière que ce soit. Les matières un peu « brutes », les motifs ou les poches sont bienvenus pour renforcer ce rôle de substitution.

La chemise ne doit pas être plus longue qu’une veste puisqu’elle est censée la remplacer. Attention aux modèles très longs prévus uniquement pour être portés rentrés dans le pantalon. Source : Alessandro Squarzi
La chemise ne doit pas être plus longue qu’une veste puisqu’elle est censée la remplacer. Attention aux modèles très longs prévus uniquement pour être portés rentrés dans le pantalon. Source : Alessandro Squarzi
Le côté texturé d’un lin ou d’un denim se prête bien à l’exercice. Source : @etiennep
Le côté texturé d’un lin ou d’un denim se prête bien à l’exercice. Source : @etiennep
Les motifs sont également bienvenus. Source : @lucalaccio
Les motifs sont également bienvenus. Source : @lucalaccio

On peut également appliquer la technique en mi-saison en remplaçant la chemise simple par une surchemise, sorte d’hybride à mi-chemin entre la chemise et la veste.

La même option s’offre par temps plus frais en adoptant une surchemise, sorte de compromis entre la chemise et la veste. Source : Steve Calder
La même option s’offre par temps plus frais en adoptant une surchemise, sorte de compromis entre la chemise et la veste. Source : Steve Calder

4) Se fournir en maille

Les mailles (pull col rond ou col V, col roulé, cardigan) sont une catégorie de vêtements qu’on retrouve dans absolument tous les vestiaires et qu’on peut aujourd’hui se procurer dans une qualité raisonnable à peu de frais. Elles sont en plus informelles par nature ce qui est particulièrement intéressant dans notre cas.

Les mailles sont fines ou épaisses. Dans les deux cas il s’agit d’un vêtement informel adéquat pour les étudiants ou jeunes travailleurs. Pensez dès à présent à vous en procurer beaucoup, dans des styles et couleurs variées.
Les mailles sont fines ou épaisses. Dans les deux cas il s’agit d’un vêtement informel adéquat pour les étudiants ou jeunes travailleurs. Pensez dès à présent à vous en procurer beaucoup, dans des styles et couleurs variées.

Les cardigans en maille fine sont très bons pour un style casual classique « pur » mais peut-être moins intéressants à porter pour les étudiants et autres personnes concernées par le sujet : les coupler à un t-shirt ou une chemise sans cravate est assez laid. En revanche comme on l’a vu dans l’article dédié les cardigans en maille épaisse peuvent remplacer une veste.

Je trouve que le cardigan en maille fine rend très bien avec une cravate mais a ce revers de rendre très mal sans, ce qui le rend surtout intéressant pour les tenues classiques « pures » dans le style de cette photo.
Je trouve que le cardigan en maille fine rend très bien avec une cravate mais a ce revers de rendre très mal sans, ce qui le rend surtout intéressant pour les tenues classiques « pures » dans le style de cette photo.
Un cardigan en maille épaisse est par contre toujours intéressant pour remplacer une veste classique. Source : Danilo Carnevale
Un cardigan en maille épaisse est par contre toujours intéressant pour remplacer une veste classique. Source : Danilo Carnevale
Ne portez jamais le cardigan avec un t-shirt. Préférez la chemise !
Ne portez jamais le cardigan avec un t-shirt. Préférez la chemise !

Autre option : le col roulé qui est à la mode en ce moment et s’intègre dans absolument tout type de tenue. Il constitue le type de maille le plus casual avec le pull col rond porté sans chemise.

Pas besoin de longue présentation pour le col roulé que vous connaissez sûrement déjà bien. Il est en quelque sorte au pull col rond porté sans chemise ce que le polo est au t-shirt. Source : James Jonathan
Pas besoin de longue présentation pour le col roulé que vous connaissez sûrement déjà bien. Il est en quelque sorte au pull col rond porté sans chemise ce que le polo est au t-shirt. Source : James Jonathan
Même s’il fonctionne avec absolument toutes les tenues, je trouve qu’il se marie particulièrement bien avec les vestes courtes type bomber. Source : cezinho78.tumblr.com
Même s’il fonctionne avec absolument toutes les tenues, je trouve qu’il se marie particulièrement bien avec les vestes courtes type bomber. Source : cezinho78.tumblr.com

Le col rond ou col v porté avec chemise est quant à lui un classique chez les étudiants. Pour faire ressortir l’aspect classique en gommant tout côté preppy ou « fils à papa » vous pouvez la porter avec une veste casual assez brute (bombardier en cuir, veste militaire, etc).

Le combo pull col rond/v est un classique qu’on retrouve souvent sur des vieilles photos de la Ivy League. Il a peut-être été un peu victime de sa reprise par le preppy. Préférez le col rond au col v pour un port sans cravate.
Le combo pull col rond/v est un classique qu’on retrouve souvent sur des vieilles photos de la Ivy League. Il a peut-être été un peu victime de sa reprise par le preppy. Préférez le col rond au col v pour un port sans cravate.
Un peu à la manière du cardigan fin, le pull coll v est fait pour le port de la cravate.
Un peu à la manière du cardigan fin, le pull coll v est fait pour le port de la cravate.
Le col rond porté avec une chemise est plus casual qu’une chemise seule, mais moins qu’un col roulé.
Le col rond porté avec une chemise est plus casual qu’une chemise seule, mais moins qu’un col roulé.

5) Abuser du col rond

Les t-shirts et pulls à col rond ont un gros « pouvoir casualisant », ce qui les rend intéressants pour les jeunes. Le t-shirt blanc en particulier va presque systématiquement sortir par temps chaud.

Le combo col rond clair/saharienne ou field jacket kaki est très apprécié des sartorialistes l’été. Notez qu’un étudiant pourrait très bien remplacer le pantalon en denim de la photo par un simple jeans et les mocassins par des sneakers ou espadrilles. Source : David Park
Le combo col rond clair/saharienne ou field jacket kaki est très apprécié des sartorialistes l’été. Notez qu’un étudiant pourrait très bien remplacer le pantalon en denim de la photo par un simple jeans et les mocassins par des sneakers ou espadrilles. Source : David Park
Le cou nu donne directement un côté plus jeune, moins « solennel ». Source : Steve Calder
Le cou nu donne directement un côté plus jeune, moins « solennel ». Source : Steve Calder

Leur usage est aussi intéressant pour porter facilement des types de veste qui se rapprochent fortement de la forme des vestes classiques de sorte qu’elles pourraient vite faire « trop habillé » avec une chemise. Je pense notamment aux sahariennes ou aux vestes en veau velours longues.

Malgré la présence d’un pantalon et de mocassins foncés la présence du t-shirt rend le port de la saharienne très décontracté. Source : Steve Calder
Malgré la présence d’un pantalon et de mocassins foncés la présence du t-shirt rend le port de la saharienne très décontracté. Source : Steve Calder
La chemise couplée à une veste longue donne quant à elle directement un côté plus formel que compense ici Steve Calder avec un jeans et des mocassins clairs en bas de tenue.
La chemise couplée à une veste longue donne quant à elle directement un côté plus formel que compense ici Steve Calder avec un jeans et des mocassins clairs en bas de tenue.

Il faudra juste éviter le grotesque t-shirt/blazer (entendez une veste en laine portée avec un t-shirt blanc et un jeans/chino façon métrosexuel parisien). Comme je l’ai déjà expliqué dans l’article sur le t-shirt le décalage formel entre les deux pièces est beaucoup trop important pour donner un résultat fluide.

Même sur des tenues plus propres je trouve que l’association d’un t-shirt et d’une veste en laine donne presque toujours un côté « jeune con prétentieux ». J’ai aussi l’impression que le cou nu couplé à une épaule structurée donne un rendu féminin.
Même sur des tenues plus propres je trouve que l’association d’un t-shirt et d’une veste en laine donne presque toujours un côté « jeune con prétentieux ». J’ai aussi l’impression que le cou nu couplé à une épaule structurée donne un rendu féminin.

6) Remplacer la chemise par un polo

Pas beaucoup de choses à dire sur le polo : il est une bonne option pour remplacer la chemise. Notez qu’on le choisit manches longues lorsqu’il est porté sous une veste. La question du polo est traitée en détail dans l'article suivant.

Pour éviter le côté vêtement de beauf il suffit de choisir un polo sobre et de le porter de manière classique : rentré dans le pantalon.
Pour éviter le côté vêtement de beauf il suffit de choisir un polo sobre et de le porter de manière classique : rentré dans le pantalon.
A la place de la solution radicale du t-shirt on peut remplacer la chemise par un polo sous une veste. Le polo doit alors être à manches longues. Source : Danilo Carnevale
A la place de la solution radicale du t-shirt on peut remplacer la chemise par un polo sous une veste. Le polo doit alors être à manches longues. Source : Danilo Carnevale
Ici avec l’idée du cardigan en guise de veste. Source : Danilo Carnevale
Ici avec l’idée du cardigan en guise de veste. Source : Danilo Carnevale
Toujours dans le même esprit avec un polo camicia (intermédiaire entre le polo et la chemise). Il peut être porté hors du pantalon si assez court.
Toujours dans le même esprit avec un polo camicia (intermédiaire entre le polo et la chemise). Il peut être porté hors du pantalon si assez court.

7) Porter les bons souliers

Les souliers ne sont pas à première vue un bon investissement dans notre cas : ils peuvent être mal perçus et coûtent un bras (si du moins vous voulez évitez l’aspect plastique). Le problème est un peu le même qu’avec la veste sport marine.

Les souliers vont facilement donner un côté pédant dans les milieux où ils sont peu présents.
Les souliers vont facilement donner un côté pédant dans les milieux où ils sont peu présents.

Il y a quand même une exception pour laquelle il est très intéressant d’investir : le derby. C’est vraiment le soulier le plus discret et polyvalent, vous le porterez aujourd’hui et demain, de la tenue la plus formelle à la plus casual.

Un derby marron foncé est l’option la plus polyvalente. Ce genre de soulier peut se porter aussi bien avec un jeans qu’avec un pantalon de flanelle. Source : drakesdiary
Un derby marron foncé est l’option la plus polyvalente. Ce genre de soulier peut se porter aussi bien avec un jeans qu’avec un pantalon de flanelle. Source : drakesdiary
Le derby brogue est le modèle le plus « populaire » et donc facile à porter.
Le derby brogue est le modèle le plus « populaire » et donc facile à porter.
Le derby chasse peut aussi s’avérer être une bonne option. Le cuir grainé est plus facile à entretenir. Source : Drake's
Le derby chasse peut aussi s’avérer être une bonne option. Le cuir grainé est plus facile à entretenir. Source : Drake's

A côté de ça vous pouvez éventuellement investir dans une paire de bottines, par exemple des desert ou brogue boots. Les mocassins sont moins faciles à porter actuellement mais pourquoi pas, ce n’est en tout cas pas une priorité. Les double-boucles quant à eux nécessitent un style sartorial déjà bien assumé.

Le côté pratique de la derby boot la rend facile à porter l’hiver. Ce genre de bottines plaira notamment à ceux qui viennent du workwear.
Le côté pratique de la derby boot la rend facile à porter l’hiver. Ce genre de bottines plaira notamment à ceux qui viennent du workwear.
Sinon la chukka est une bottine classique à la mode. Source : StreetxSprezza
Sinon la chukka est une bottine classique à la mode. Source : StreetxSprezza
Elle convient à une grande variété de tenues. Source : Drake's
Elle convient à une grande variété de tenues. Source : Drake's
Vous pouvez constater la très grande amplitude d'utilisation d'une chukka en veau velours, elle se porte aussi bien avec un jean qu'un pantalon en flanelle, c'est un très bon investissement pour les débutants". Source : Drake's.
Vous pouvez constater la très grande amplitude d'utilisation d'une chukka en veau velours, elle se porte aussi bien avec un jean qu'un pantalon en flanelle, c'est un très bon investissement pour les débutants". Source : Drake's.

8) Porter des sneakers

Porter des sneakers est le meilleur moyen de dire au plouc que vous venez du même monde que lui. C’est un peu comme dire « je t’emmerde » à un étranger dans sa langue natale, il le perçoit toujours comme une agression mais il y a au moins un pas fait vers l’autre, un effort de considération.
A côté de ça ce sont également des chaussures peu coûteuses, confortables et efficaces pour casualiser une tenue. Pas la peine de faire le vieux con en prônant le port exclusif du soulier en cuir, on en a tous besoin un jour (ne serait-ce que pour avoir un support sur lequel vomir).

Il y a deux types de sneakers qu’on retrouve souvent chez les sartorialistes : les minimalistes et les converses. Elle peuvent se porter avec tout type de tenue casual.

La minimaliste est une sneaker arrondie plate dans sa forme la plus simple, dont le modèle le plus à la mode actuellement est la célèbre Stan Smith d’Adidas. Il y a toutefois plus intéressant à se procurer que ce modèle. Source : Alessandro Squarzi
La minimaliste est une sneaker arrondie plate dans sa forme la plus simple, dont le modèle le plus à la mode actuellement est la célèbre Stan Smith d’Adidas. Il y a toutefois plus intéressant à se procurer que ce modèle. Source : Alessandro Squarzi
Leur simplicité permet de les porter facilement avec tout type de pantalon. Source : @quyandco
Leur simplicité permet de les porter facilement avec tout type de pantalon. Source : @quyandco
La Chuck Taylor de chez Converse est un modèle indémodable chez les jeunes.
La Chuck Taylor de chez Converse est un modèle indémodable chez les jeunes.
Leur corps en tissu et leur forme les rend très proches des espadrilles. On peut les porter colorées dans des tenues estivales à l’instar des ces dernières.
Leur corps en tissu et leur forme les rend très proches des espadrilles. On peut les porter colorées dans des tenues estivales à l’instar des ces dernières.
Utilisation moins fréquente chez nous mais courante chez les Coréens : des Chuck Taylor montantes foncées avec un pantalon classique. Source : @quyandco
Utilisation moins fréquente chez nous mais courante chez les Coréens : des Chuck Taylor montantes foncées avec un pantalon classique. Source : @quyandco

Plus rarement on peut aussi voir des Vans ou des GAT. En fait tout type de sneaker sobre à semelle plate peut faire l’affaire, mais autant s’amuser à « détourner » les modèles connus des styles sportswear/streetwear dans lesquels on les retrouve le plus souvent, ce qui apportera déjà assez d’originalité en soi.
Concernant les runnings je trouve que la plupart des modèles sont trop épais pour convenir à un style sartorial, mieux vaut les conserver uniquement pour les occasions qu’y s’y prêtent (longues journées de marche, etc).

La Old Skool de Vans suit le même principe que la Chuck Taylor. Sa proximité avec le milieu skater la rend peut-être plus difficile à assumer. Notez le layering simple mais efficace formé par la veste, le cardigan, la chemise et la cravate, ainsi que le rappel de couleur chaussure/veste possible grâce au tissu. Source : @nami_man
La Old Skool de Vans suit le même principe que la Chuck Taylor. Sa proximité avec le milieu skater la rend peut-être plus difficile à assumer. Notez le layering simple mais efficace formé par la veste, le cardigan, la chemise et la cravate, ainsi que le rappel de couleur chaussure/veste possible grâce au tissu. Source : @nami_man
Avec un aspect un peu plus « futsal » les moins démocratisées German Army Trainers (produites à l’origine par Adidas) s’envisagent également. Ici une tenue très orientée workwear avec une touche sartoriale assez nette apportée par la chemise, le foulard, et la taille ceinturée de la veste. 
Source : Robert Spangle
Avec un aspect un peu plus « futsal » les moins démocratisées German Army Trainers (produites à l’origine par Adidas) s’envisagent également. Ici une tenue très orientée workwear avec une touche sartoriale assez nette apportée par la chemise, le foulard, et la taille ceinturée de la veste. Source : Robert Spangle
Je trouve par contre que les runnings s’éloignent trop de l’esprit sartorial à cause de leur aspect imposant, ce qui n’empêche pas d’en posséder pour le sport et les jours de marche évidemment. Source : @quyandco
Je trouve par contre que les runnings s’éloignent trop de l’esprit sartorial à cause de leur aspect imposant, ce qui n’empêche pas d’en posséder pour le sport et les jours de marche évidemment. Source : @quyandco

9) Moduler le style du pantalon

Le pantalon influence fortement l’allure générale de la tenue. Du plus facile au moins facile à porter on a : le jeans, le chino et le pantalon classique.

Observons ces tenues qui ont toute pour base une veste en veau-velours type valstar : 
<br>- la première est très casual et facile à porter grâce aux sneakers et à la chemise foncée ; 
<br>- la seconde est rendue plus formelle avec la chemise bleu ciel et les derbies choco, mais le port d’un jeans vient la rendre beaucoup plus plouc-friendly ; 
<br>- la troisième tenue composée d’un pantalon en flanelle est la plus formelle et la moins facile à porter étant donné que la pièce n’est pas très commune dans le vestiaire masculin actuel. 
Source : Permanent Style
Observons ces tenues qui ont toute pour base une veste en veau-velours type valstar :
- la première est très casual et facile à porter grâce aux sneakers et à la chemise foncée ;
- la seconde est rendue plus formelle avec la chemise bleu ciel et les derbies choco, mais le port d’un jeans vient la rendre beaucoup plus plouc-friendly ;
- la troisième tenue composée d’un pantalon en flanelle est la plus formelle et la moins facile à porter étant donné que la pièce n’est pas très commune dans le vestiaire masculin actuel. Source : Permanent Style

Si vous avez peur de trop dénoter vous pouvez toujours moduler le style du pantalon :
- le jeans permettra de porter des hauts et chaussures assez formels facilement (chemise rentrée, veste suédée, souliers, etc) ;
- dans l’idée inverse des sneakers et hauts moins formels (t-shirt, veste en cuir, etc) vont permettre de s’exercer au port du pantalon à pinces taille haute ;
- le chino plat est quant à lui une sorte d’intermédiaire.

Le jeans permet de porter très facilement des hauts et chaussures plus formels. Source : Andreas Weinas
Le jeans permet de porter très facilement des hauts et chaussures plus formels. Source : Andreas Weinas
Astuce 1 : choisissez un jeans taille haute et un peu plus ample pour vous exercer au port classique du pantalon. Source : Shuhei Nishiguchi
Astuce 1 : choisissez un jeans taille haute et un peu plus ample pour vous exercer au port classique du pantalon. Source : Shuhei Nishiguchi
Astuce 2 : plus la coupe d’un pantalon à pli/pinces est proche du corps, plus il passera facilement. Source : @kimdabinc <a href="https://www.sartorialisme.com/la-bonne-coupe-episode-3/">
Attention quand même à respecter les exigences de la bonne coupe (c.f. LBC 3).</a>
Astuce 2 : plus la coupe d’un pantalon à pli/pinces est proche du corps, plus il passera facilement. Source : @kimdabinc Attention quand même à respecter les exigences de la bonne coupe (c.f. LBC 3).

10) Utiliser les accessoires propres à certains vestiaires

Les accessoires propres à certains vestiaires peuvent changer l’aspect d’une tenue.
On peut se servir des accessoires du vestiaire classique pour sartorialiser une tenue à grosse tendance workwear ou streetwear.

Le foulard peut être noué à l’extérieur ou rentré dans le pull/t-shirt/chemise pour être très discret. Source : @nami_man
Le foulard peut être noué à l’extérieur ou rentré dans le pull/t-shirt/chemise pour être très discret. Source : @nami_man
Je ne peux qu’encourager ceux qui sont le plus à l’aise avec le style à porter des cravates. Vous pouvez commencer en la portant sous une maille dans des ensembles très casual comme par exemple ici : veste matelassée/chemise en denim/jeans/boots. Plus elle est intégrée à un layering important et plus elle est également facile à porter.
Je ne peux qu’encourager ceux qui sont le plus à l’aise avec le style à porter des cravates. Vous pouvez commencer en la portant sous une maille dans des ensembles très casual comme par exemple ici : veste matelassée/chemise en denim/jeans/boots. Plus elle est intégrée à un layering important et plus elle est également facile à porter.

A l’inverse un type venant du streetwear pourra porter un bonnet voire une casquette pour ne pas s’éloigner trop brusquement de son registre.

Le bonnet a largement été récupéré par la mouvance streetwear.
Le bonnet a largement été récupéré par la mouvance streetwear.

Conclusion et exemple de vestiaire-type

On voit bien à travers l’article comment il est possible de passer d’un vestiaire à l’autre pour faciliter le port d’une tenue dans un milieu informel. Il suffira pour celui qui se sent mal à l’aise de « gravir les échelons » petit à petit jusqu’à former des tenues entièrement classiques.

Partant d’une certaine base il est possible de moduler la tenue de mille façons pour l’adapter à vos besoins. Imaginons qu’on veuille porter un blouson marine court avec un col roulé crème : il est possible de former une tenue entièrement classique avec un pantalon de flanelle et des brogues, ou bien de remplacer les souliers par des sneakers, de sortir ou rentrer le col roulé du pantalon, de choisir un pantalon plus ou moins large, etc.
Partant d’une certaine base il est possible de moduler la tenue de mille façons pour l’adapter à vos besoins. Imaginons qu’on veuille porter un blouson marine court avec un col roulé crème : il est possible de former une tenue entièrement classique avec un pantalon de flanelle et des brogues, ou bien de remplacer les souliers par des sneakers, de sortir ou rentrer le col roulé du pantalon, de choisir un pantalon plus ou moins large, etc.
Mais on peut aussi aller dans des modifications plus drastiques en troquant le pantalon pour un jeans ou un chino plat afin de porter le soulier facilement, voire d’aller au plus casual en portant chino ou jeans ET sneakers, etc.
Mais on peut aussi aller dans des modifications plus drastiques en troquant le pantalon pour un jeans ou un chino plat afin de porter le soulier facilement, voire d’aller au plus casual en portant chino ou jeans ET sneakers, etc.
Profitez d’être le weekend en milieu neutre pour porter les tenues les plus sartoriales, vous « progresserez » plus rapidement.
Profitez d’être le weekend en milieu neutre pour porter les tenues les plus sartoriales, vous « progresserez » plus rapidement.

Pour terminer voici un exemple de vestiaire basique à composer dans l’idée de l’article :

Manteau :
- 1 pardessus long à revers cran aigu (bleu marine)

Vestes :
- Bomber G9 (bleu marine)
- Veste militaire M-65 (kaki)
- Veste safari ceinturée (sable)
- Veste Barbour International ceinturée (noir)
- Doudoune sans manches

Mailles :
- 1 cardigan grosse maille (bleu marine)
- 3 cols roulés (marine/crème/beige)
- 3 cols ronds (marine/gris/bordeaux)

Chemises/polos/t-shirts :
- 4 chemises (blanc uni col cutaway, bleu uni/bleu lignée/denim col button-down)
- 2 chemises d’été en lin (bleu uni, olive lignée)
- 1 polo manches courtes (beige)
- 2 polos manches longues (marine, gris)
- 3 t-shirts blancs

Bas :
- 1 jean
- 2 chinos plats (sable, olive)
- 2 pantalons (gurkha beige l’été, flanelle gris l’hiver)

Chaussures :
- 1 paire de brogues chocolat
- 1 paire de chukkas beiges
- 3 paires de sneakers
- 1 paire d'espadrilles pour l'été !

Comme base l’été : on peut porter un polo seul, une chemise en lin avec t-shirt, la saharienne avec un polo, le bomber G-9 avec un t-shirt, faire un layering t-shirt/chemise en lin/M-65, etc.

A la mi-saison : on peut porter le bomber G-9 avec un pull col rond, la M-65 avec un pull col rond et chemise, un cardigan en guise de veste avec un polo, etc.

L’hiver : on va généralement partir sur une base manteau ou veste/col roulé, en alternant entre les différents types de pantalon et les souliers/sneakers (en fonction des envies mais aussi évidemment de la météo).  On peut aussi partir sur des layerings plus prononcés avec veste/maille/chemise/cravate.

Bref, c’est surtout pour vous donner une idée de la manière de raisonner mais il n’y a pas vraiment de règles. Souvent on commence la journée avec l’envie de porter une certaine pièce et on articule ensuite la tenue autour.

23 réflexions au sujet de “Comment s’habiller classique chez les étudiants”

  1. Bonjour, des idées de marques où trouver une M-65 ou du même type, pas infâme, mais dans un budget assez restreint étant étudiant? Ce n’est qu’une solution de dépannage temporaire en attendant d’économiser suffisamment pour avoir quelque chose de qualité.

    Un grand bravo pour cet article, et puis pour l’ensemble du travail fourni sur ce blog !
    Merci d’avance 🙂

  2. Bonjour,

    Auriez vous une référence pour une saharienne couleur sable ? Pour un budget d’étudiant, donc 150 €. J’ai adoré celle de Lopez Aragon, elle est hélas trop chère pour moi. Merci d’avance!

    PS: J’ai découvert votre site avec cet article, et je suis épaté! Bravo 😉

  3. Bonjour,

    Un manteau long et une taille de 1m68, c’est envisageable ou à proscrire?

    Sympa cet article en tout cas, bonne continuation

  4. Cet article est une mine d’or, et pas que pour les étudiants…

    Avis de type sorti de la fac il y a 3-4 ans: il y a juste deux trucs qui me paraissent un peu casse-gueule pour l’étudiant moyen
    – les derbies modèle chasse. Les seuls étudiants qui ADORENT ces chaussures sont anciens scouts, tendance droit notarial, Marche pour la vie et “pas avant le mariage”. Les brogues type Tricker’s sont plus funs et moins connotées.
    – le blouson matelassé, genre Barbour. J’aime beaucoup visuellement mais c’est (ou c’était, il a 3-4 ans) le blouson officiel des fils à papa britanniques, avec l’indispensable chino rouge vif, donc attention à éviter l’uniforme preppy tête à claques.

    • Bonjour Haad,

      L’article s’adresse à tout le monde en effet mais comprenez les exigences du putaclic.

      – J’ai beaucoup ri à votre remarque sur le derby chasse. Vous avez en grande partie raison, surtout pour les modèles avec semelle en gomme épaisse, mais certaines lignes épurées peuvent largement passer selon moi (personne ne fera la différence avec un autre modèle de derby à part les connaisseurs).
      – Je pense aussi qu’il y a beaucoup plus intéressant visuellement qu’une veste matelassée pour un étudiant, mais vu son prix et la possibilité de l’utiliser à l’occasion dans des tenues formelles (façon Jake Grantham) elle reste un très bon choix pour celui qui souhaite ne pas investir directement dans un vêtement de pluie à 300-400 euros.

  5. Bonjour,
    Étant moi même étudiant et adepte du style classique je peux témoigner de la situation dans ce milieu. J’ai été étudiant en science et effectivement les personnes s’intéressant à ce style étaient très très peu nombreuses mais cela ne choquait personne (en tout cas aucune remarque d’étudiants ou d’enseignants) et ne gênait en rien dans la socialisation, on ne prêtait globalement pas attention à l’apparence des gens. Je suis maintenant dans une fac d’histoire donc un milieu plus littéraire où enseignants et étudiants font globalement plus attention à leur apparence mais le style classique ne pose toujours aucun problème, peut-être même au contraire. Je ne ressens pas de jugements ou d’exclusion à cause de ma tenue vestimentaire.
    J’ai plutôt l’impression que la démarcation sociale se fait par les marques et les logos et ceux qui « veulent faire riche » sont plutôt endimanchés ou déguisés dans un mélange classique/ moderne (tout slime, aucune maîtrise de ce qu’ils font…).
    Finalement le plus important, plus que le vêtement, et l’attitude qu’on avec celui-ci.
    J’espère que cet avis n’est pas trop long et qu’il sera intéressant.
    J’attends votre réponse,
    Élie

    • Bonjour Élie,

      Certains milieux sont plus réceptifs que d’autres comme vous avez pu en faire l’expérience (capitale, options littéraires, etc). Le style classique qu'adoptent les étudiants est quant à lui assez réservé : c'est en général une chemise portée sous un pull avec un chino slim, on s'ose encore rarement aux pièces coupées vraiment classique surtout dans le bas de la tenue.

      Mais effectivement la plupart des gens se soucient déjà trop de leur propre apparence que pour médire de celle des autres. Le plus important est de ne pas se sentir soi-même déguisé dans ses vêtements et dégager une impression de malaise : pour ça il faut y aller progressivement.

  6. bonjour,
    votre article et votre blog en général est une mine d’informations!
    L’article est super surtout lorsqu’on souhaite s’habiller classique (tout en gardant un vestiaire fonctionnel et des pièces robustes) dans un milieu professionnel où personne ne porte le costume .
    Une question , auriez vous des références de derbies chasse/demi chasse de bonne qualité à me conseiller( en cousu goodyear ou norvegien) ?
    Merci d’avance
    Paul

    • Bonjour,

      Les modèles de référence sont selon moi le chasse et le demi-chasse de chez Weston. Orban’s propose un modèle bas-de-gamme cousu goodyear qui s’en rapproche, mais aucune idée de la qualité du cuir et du montage.

  7. Bonjour,

    Votre excellent article suscite chez moi une interrogation brûlante : Faut-il s’inquiéter des progrès de la mouvance sartorialiste ?

    On dit que la radicalisation des individus est souvent le signe du déclin du groupe auquel ils appartiennent. Le relâchement des codes vestimentaires, notamment dans les milieux professionnels, est une réalité difficilement occultable. Et pourtant, ici ou là, les zélotes du “sartorialisme” défendent une vision particulièrement rigoriste de l’élégance masculine.

    L’essor de la mouvance sartorialiste doit sans doute beaucoup aux réseaux sociaux, qui lui ont permis de diffuser à grande échelle une doctrine qui prétend ressusciter les codes de l’élégance dite “classique”. Partout dans le monde, des communautés vouant un culte aux cravates à sept plis et aux milanaises faites main, se forment pour tenter d’imposer un credo vestimentaire des plus orthodoxes.

    Le Palazzo Pitti de Florence est devenu un lieu saint où se réunissent deux fois l’an des foules de pèlerins venus parader selon les rites caractéristiques de leur communauté. On y croise les leaders de ce mouvement dont filières de recrutement ne cessent de croître sur le terreau de la crise identitaire contemporaine. Si la plupart des sartorialistes sont pacifiques, les franges les plus extrémistes inquiètent à juste titre.

    Comment ne pas voir dans les discours révisionnistes de certains caciques sartoriaux une forme d’incitation à la haine ? Cette vision passéiste du vestiaire masculin, qui prône un retour au modèle patriarcal du costume-cravate, doit être dénoncée. Certains cercles imposeraient même à leurs affiliés la règle du “no brown in town”… De quoi alerter sur une possible dérive.

    A l’heure du “flexible dress code”, le développement d’un sartorialisme radical fait planer une menace palpable sur le processus de casualisation de la société. Ce d’autant qu’elle sous-tend un modèle économique archaïque, basé sur le savoir-faire des producteurs et la durabilité des produits. En déclarant la guerre au streetwear et à la fast fashion, les sartorialistes menacent les droits fondamentaux de la mode.

    Cette idéologie réactionnaire doit à son tour appeler la plus grande indignation des défenseurs du libéralisme stylistique. Il est urgent d’opposer à cette vague extrémiste une digue solide qui protégera des libertés durement conquises ; du moins si nous voulons pouvoir continuer à jouir pleinement des productions à bas coût de l’une des industries les plus asservissantes et les plus polluantes au monde.

    Bien à vous et longue vie à votre site.

    Cinq-Mars.

  8. Bonjour,
    En premier lieu, bravo et merci pour cet article très intéressant et bien illustré. Toutefois, une petite question : Pour un jean porté d’une façon plus “classique”, vers quelle coupe vous dirigeriez vous ?

    • Bonjour,

      Les jeans modernes ont tendance à être coupés slim, avec une taille plutôt basse et une ouverture de cheville étroite. Pour un rendu de pantalon plus “classique” vous pouvez vous tourner vers une coupe droite, avec une taille légèrement relevée et une ouverture de cheville plus large (le modèle de référence est le Levi’s 501).

      Notez aussi qu’un revers épais rouloté a tendance à donner un côté workwear prononcé à cause de son épaisseur et de la différence de couleur entre les deux surfaces de la toile qui sont propres à cette pièce. Il vaut mieux faire retoucher le jeans s’il est trop long pour qu’il tombe juste (et si on veut ensuite moduler légèrement la longueur en fonction de la chaussure portée faire juste un revers à pli unique très discret).

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